Avant de tomber amoureux de l'art blanc et de tomber dans la pâte, je me suis longtemps cherché professionnellement. Études en comptabilité et logistique, des métiers où tout fonctionnait sur le papier — mais où il me manquait quelque chose d'essentiel : du sens. Si je m'arrête demain, tout le monde peut me remplacer. Je ne sentais pas de valeur ajoutée dans ce que je faisais. Il me manquait de la matière, un savoir-faire. Quelque chose dans les mains.
Si vous lisez ces lignes, c'est peut-être que vous ressentez la même chose. Vous n'êtes pas seul : 37 % des salariés français envisagent aujourd'hui une reconversion vers un métier manuel (Le Monde des Artisans). Et ce chiffre ne fait qu'augmenter.
La quête de sens
Je voulais deux choses : un savoir-faire dans les mains et la liberté de travailler partout dans le monde. Il me fallait un métier qui voyage. J'ai pensé à la boulangerie. J'ai entrepris de me former. Comme j'avais déjà un diplôme supérieur ou égal au bac, je n'ai pas eu à repasser les matières générales. J'ai trouvé l'INBP — l'Institut National de la Boulangerie Pâtisserie — une institution qui proposait de préparer au CAP et au métier en 5 mois.
Il a fallu faire financer cette formation. Et là, c'est toujours le parcours du combattant. Dossiers, délais, refus, relances. Quiconque a tenté de faire financer une reconversion sait de quoi je parle. À l'EAPPS, nous sommes conscients de ce chemin de croix. C'est pourquoi nous sommes en train de passer la certification Qualiopi, afin de construire ensemble le parcours de prise en charge de votre formation. Différents leviers existent — on en discute ?
« Il me manquait du sens, de la matière, un savoir-faire. Quelque chose dans les mains. »
Un métier que l'IA ne remplacera jamais
À l'heure de l'intelligence artificielle, de profonds changements commencent à apparaître. On le sait, certains métiers vont évoluer, d'autres disparaître. Bonne ou mauvaise chose, je ne sais pas — vaste débat. Mais ce que je sais, c'est qu'il faut s'adapter. Et ce que je sais aussi, c'est que les métiers manuels resteront toujours. Personne ne pourra ressentir la pâte mieux que vous. Vos sens, votre toucher, votre instinct — aucune machine, aucun robot ne peut les reproduire.
Et je ne suis pas le seul à le penser. 61 % des salariés estiment que l'IA va pousser les gens vers des métiers plus concrets et manuels (Hellowork). 46 % des cadres envisagent une reconversion dans l'artisanat — et ce chiffre monte à 60 % chez les cadres dirigeants. Remettre l'homme au centre du travail : c'est exactement ce que permettent les métiers de bouche.
Les héritiers d'un métier intemporel
En tombant amoureux de la boulangerie puis de la pizza, je me suis rendu compte que nous étions dans un métier intemporel. Comme connecté à quelque chose qui nous dépasse. Les machines ont évolué, la technologie aussi. Mais le ressenti reste le même. C'est un métier de ressenti. Il me plaît d'imaginer qu'il y a 100, 200, 300 ans, des professionnels effectuaient ces mêmes gestes. Nous sommes les héritiers de ce passé.
Se reconvertir dans ces métiers, c'est se garantir un travail qui traverse les âges et qui a toujours été là. Faire de la pizza, du pain, du snacking, c'est répondre à un besoin primaire — se nourrir. Il y aura toujours de la demande. Il y aura toujours besoin de mains.

À retenir
1,4 million d'actifs changent de métier chaque année en France (INSEE). Ce n'est plus un phénomène marginal, c'est un mouvement de fond. Et parmi les métiers les plus recherchés dans ces reconversions, les métiers de bouche et de l'artisanat figurent en tête.
Ne soyons pas vendeurs de rêve
Il faut aussi avoir conscience que ce sont des métiers de passion, mais aussi des métiers de sacrifice. Il faut travailler quand les gens veulent profiter. Souvent le soir. Souvent le week-end. La réalité n'est pas toujours toute belle, toute rose.
Pensez à tout ça avant de vous lancer. Parlez-en avec vos proches. Mesurez l'impact sur votre vie personnelle.
Mais on peut aussi réfléchir à d'autres modèles d'entreprise, d'autres façons de concevoir le business. Se positionner en zone industrielle pour ouvrir principalement le midi. Ouvrir uniquement 4 ou 5 soirs sur 7 si on est seul et que les charges sont minimes. Proposer un concept emporter uniquement pour garder des horaires maîtrisés.
Les possibilités sont nombreuses. Et c'est exactement le genre de réflexion qu'on mène à l'EAPPS avec chaque candidat.
« Se reconvertir dans ces métiers, c'est se garantir un travail qui traverse les âges et qui a toujours été là. »
De la comptabilité aux fourneaux : mon parcours
Pour que vous compreniez d'où je parle : j'ai fait de la comptabilité, de la logistique, puis un CAP boulanger à l'INBP. Je me suis spécialisé comme tourier — celui qui fait les viennoiseries — et j'ai ouvert Croissant Croissant à Montréal. Puis je suis revenu en France, je suis tombé dans la pizza, et j'ai ouvert deux Pizzeria Régine — à Mionnay et à Fontaines-sur-Saône.
Est-ce que j'aurais pu imaginer ce parcours quand j'étais en compta ? Certainement pas. Mais chaque étape a compté. Et paradoxalement, mes études en comptabilité et logistique m'aident aujourd'hui à gérer mes affaires. Rien n'est perdu dans un parcours, même les détours.

À retenir
La reconversion professionnelle est un challenge à ne pas prendre à la légère. Mais bien accompagné, avec une formation ancrée dans le réel, c'est un projet qui peut changer votre vie. La mienne a changé.
À l'EAPPS, on vous accompagne
Nous avons fait le choix de vous accompagner dans ce projet, quelle que soit votre idée. Pizzeria classique, concept axé snacking italien, camion pizza, dark kitchen… Chaque projet est différent et mérite une réflexion sur mesure.
On ne va pas vous vendre du rêve. On va vous montrer la réalité — et vous donner les outils pour y faire face.
Vous pensez à une reconversion
Parlons-en.
Pas pour vous convaincre — pour comprendre votre projet et voir si on peut vous aider.
Échangeons sur votre projet →Etienne Crevat
Artisan boulanger & pizzaiolo. Gérant des deux Pizzeria Régine (Mionnay et Fontaines-sur-Saône). Formateur à l'EAPPS — École Artisanale Pizza, Pain & Snacking.



